I / Les Différentes Fourmis

  • A ) Les différentes fourmis dans une fourmilière.

Les fourmis vivent en organisation très structurée où chaque fourmi a son rôle afin de constituer la hiérarchie la plus efficace. Nous allons donc ici décrire toutes les fourmis que l'on peut trouver dans une fourmilière et définir leurs utilités.

 

  La reine :  Repérable par sa grande taille, la reine est le coeur de la fourmilière, elle est la seule à pouvoir pondre des oeufs et son rôle est de fonder une colonie.

Pendant la saison reproductrice ou pendant le vol nuptial, chaque femelle reçoit des centaines de millions de spermatozoïdes qu’elle stocke dans sa spermathèque*. C’est là que commence la production interminable d’œufs durant toute sa vie. Elle en pond environ une centaine par jour ce qui signifie que, au cours de sa longue vie qui peut atteindre 15 ans, la reine peut produire jusqu’à plusieurs millions d’individus. Sans elle et ses œufs, la colonie meurt au bout de quelque mois.

La Reine est une ancienne fille, qui a réussi à survivre et à créer sa colonie après le vol nuptial.

Exemple d'une reine

 L es ouvrières :  Très nombreuses, les ouvrières sont stériles. Elles s’occupent de l’entretien, du rationnement et de la défense de la colonie selon leur âge et leur morphologie :

 - Les plus jeunes et les plus petites organisent l'entretien de la fourmilière, comme par exemple le nettoyage des galeries ou transporter les déchets. Mais elles construisent également et améliorent chaque jour les galeries de la fourmilière.

 - Les plus âgées et les plus petites assurent le rationnement et le soin des larves et de la reine.

 - Celles qui prennent soin des larves sont appelées « nourrices ».

 L es soldats : Ces fourmis assurent la défense de la colonie. Spécialisées dès la naissance, elles sont destinées à la guerre car elles possèdent des mandibules plus grandes et sont beaucoup plus grosses que les autres. Elles peuvent aussi posséder un jet d’acide très puissant à leur échelle. (le jet sortant de l’abdomem, voir http://www.myrmecofourmis.fr/spip.php?article115 ).

 L es éclaireuses: Elles assurent les alentours de la fourmilière, ce sont elles qui partent en mission loin du nid. Du fait de fortes pertes, celles-ci sont souvnt rennouvelées.

 

Exemple d'une ouvrière

 

 ► Les mâles : Féconder les futures reines durant le vol nuptial est un rôle court mais essentiel pour la survie de l'espèce. Ils effectuent leur première et dernière sortie hors de la fourmilière. En effet, peu après la copulation, les mâles meurent car leurs mandibules atrophiées les empêchent de se nourrir. Ils laisseront ainsi des milliers de larves nées pour certaines quelques années après leur mort. Les mâles sont ailés durant toute leur vie, tandis que les reines ne le sont que jusqu’à l’accouplement.

 

Exemple d'une fourmis males

 

 Les filles/femmelles : Ce sont de futures reines, ailées comme les males. Au printemps on assiste au vol nuptial durant lequel les femelles planent pendant que les males les fécondent. La femelle s’accouple avec plusieurs mâles successifs. Une fois celle-ci suffisamment fécondée elle part créer sa fourmilière, et c’est à partir de ce moment là qu'elle pert ses ailes (elle peut parfois les manger pour survivre). Elle part à la recherche du meilleur endroit où fonder un nouveau nid. Au final, sur mille filles, seulement deux ou trois arriveront à créer leurs propre fourmilière, tandis que les autres mourront.

 

Exemple d'une fille

 

 La reine est la responsable du nombre d’ouvrières dans sa colonie. Elle peut augmenter ce nombre selon les évènements et selon les ressources de la fourmilière. Un manque de nourriture ou un écroulement de galeries engendrera simplement une hausse de productions d’ouvrières de la part de la reine. Mais en cas d’une menace de guerre avec d'autres fourmis ou des termites, le nid augmentera le nombre de soldats créés. Ces derniers étant plus gros que les autres, ils demandent un apport de nourriture plus important. Cependant, en cas de danger, on observe chez la fourmi une solidarité étonnante : toutes les ouvrières participent au combat, jusqu’à la mort s’il le faut, afin de repousser l’ennemi.

  • B ) Les différentes espèces de fourmis. 

Le décompte d’espèces le plus récent de fourmis, fait par Barry Bolton en 1995 dans le catalogue "les fourmis du monde", reconnaît 9563 espèces de fourmis. Depuis cette publication, des douzaines de nouvelles espèces ont été découvertes par les myrmécologues. La base de données des insectes sociaux (http://antbase.org) donne les mises à jour récentes. Par exemple celle du 5 de Février de 2005 dénombrait 11820 espèces de fourmis.

 Fourmis sans reines :

 Dans le monde il ya 100 à 150 espèces de fourmis sans reines, soit 1% des 12 000 espèces. Cela a été montré dans les années 1980. Ces fourmis fonctionnent sous une hiérarchie dirigée par une fourmi ouvrière dominante dite "alpha" ou plus précisément Gamergate.
Les reines, dans des colonies dites "normales" se différencient des ouvrières par un thorax beaucoup plus gros et par un abdomen plus volumineux. L'ouvrière gamergate quand à elle ne se différencie pas sur le point de vue "visuel".
Ces espèces de fourmis sans reine (telle que Dinoponera quadricepts ou Streblognathus peetersi) imposent une hiéarchie de dominance. En dessous, ce sont les quelques ouvrières de haut rang, appelées Bêta, Gamma et delta. Ces ouvrières aspirent à lui ravir sa place de reproductrice. Aplha est donc la seule à s'accoupler.
Les femelles ouvrières sont issues d'oeufs fécondés alors que les mâles le sont d'oeufs non fécondés.
Des chercheurs ont observé que certaines de ces ouvrières effectuaient des sorties nocturnes à proximité immédiate du nid, elles cherchent à s'accoupler.
La futur Alpha ne s'accouple qu'une seule fois, le mâle qui la féconde obtenant ainsi la future paternité de la colonie.
Une fois la nouvelle Gamergate en place, ses premières filles deviennent rapidement les ouvrières de haut rang. Comme la Gamergate vit beaucoup plus longtemps que les ouvrières, elle ne cohabite avec ses soeurs que pendant un bref laps de temps, lors de son accension au pouvoir. Par la suite elle vit entourée de ses filles.

 Les espèces ont donc une ascendance génétique très simple : une seule mère et un seul père (voir schéma ci-dessous). Mais les ouvrières de ces espèces peuvent toutes, quel que soit leur rang pondre des oeufs non fécondés donnant naissance à des mâles. Il faut savoir que la fourmi dominante dévore les oeufs des autres pour s'assurer le monopole de la reproduction, c'est pourquoi les ouvrières ne pondent jamais.

 Lorsqu'une ouvrière de haut rang cherche à remplacer alpha, celle-ci badigonne la rebelle d'une sécrétion chimique émise par son aiguillon. Cette sécrétion déclenche l'attaque par les ouvrières de bas rang, de l'ouvrière marquée. Elles l'immobilisent pendant quelques heures voire quelques jours. A la fin de ce temps, la fourmi perd son haut rang. Seule alpha bénéficie de cette sécrétion chimique, elle est sans doute liée à son état hormonal.

 Les ouvrières agissent toujours en fonction de leurs propres intérêts. Ainsi, lorsqu'alpha devient trop vieille, les ouvrières laissent beta prendre sa place.

 On comprend donc que dans ces colonies de fourmis sans reines, même si ce sont des ouvrières de bas rang, ce sont elles qui choisissent le remplacement d'alpha.

Voici un schèma récapitulatif :

 

 Fourmis naines : Les fourmis naines sont une espèce très exceptionelle du fait qu'elles ont plusieurs reines. Elles ont donc une expansion coloniale très importante.

 Comme leur nom l'indique, ce sont de toutes petites fourmis (deux à trois millimètres). Pourtant, depuis environ un siècle, leur empire ne cesse de s’étendre. En une seule année, en Louisiane, on a piégé, dans un verger de citronniers de dix hectares, deux milliards d’ouvrières accompagnées de 1 307 000 reines (soit environ 20 000 ouvrières et 13 reines au mètre carré), alors que la banale fourmi noire des jardins, dont on se plaint si souvent, ne dépasse pas 500 individus au mètre carré. Il faut aussi savoir que les fourmis naines ont un vol nuptial très particulier. En effet, ce vol se passe à l'intérieur de la fourmilière, à l'abris de tout prédateur.
Ces fourmilières, formées de plusieurs nids, ne sont pas « fermées » mais constituent au contraire une super-colonie qui englobe toutes les fourmilières au sein d’un gigantesque territoire. Cette organisation sociale, appelée unicolonialité, est spécifique des espèces de fourmis invasives (une dizaine connue). Elle sont caractérisées par de constants échanges entre nids et fourmilières, et une grande tolérance à l’égard des individus provenant des nids et des fourmilières voisines, contrairement aux autres espèces existantes.

 Pheidole pallidula : Cette espèce de fourmis est l'une des espèces les plus classiques, avec une taille pour l’ouvrière allant de trois à six millimètres. Cette espèce se trouve en France, et s'adapte à différents milieux. Elle est faite pour la guerre. En effet, elle possède une particularité pour ses soldates : les soldates Pheidole pallidula possèdent en effet une "grosse tête" (voir photo), ce qui permet d'être très efficace face aux différents prédateurs.

 

Soladates à grosse tête

 

 Fourmis de feu : "Chaque année, les fourmis de feu sont responsables d'environ deux milliards de dollars de dégâts, elles détruisent les cultures et les équipements électriques", explique Sanford Porter.

 En effet une fourmi de feu est une fourmi de taille normale (cinq à six millimètres), noire ou rouge. Elle possède une particularité exceptionelle : en effet elle a un venin toxique qui provoque de très grandes brûlures (équivalentes à une brûlure de cigarette). Ces fourmis vivent dans de grandes fourmilières mesurant en moyenne un mètre de longueur pour cinquante centimètres de largueur. Ce sont des fourmis très destructrices, qui détruisent tout sur leurs passages, des champs entiers de citronniers par exemple. Au Texas, il a été ainsi vu dans une rivière une boule de fourmis de feu qui flottait à la surface. Par la suite des centaines de truites on été retrouvées mortes.

 

 

 

 

* La spermathèque, ou réceptacle séminal, est un organe féminin de stockage des spermatozoides. Cet organe permet à la femelle (pour les fourmis la reine) de contrôler l'utilisation des spermatozoïdes qui y sont contenus.

Commentaires (3)

1. (inconnue) 21/08/2013

C'est un très bon site ! Merci pour ces renseignements sur les fourmis ^^

2. john 25/06/2013

les fourmie de feu sont tres dangereuse mais il n'y en a pas ENCORE en France. Car elle fait beuacoup de mort et de faible.

3. E 03/03/2011

bravo, beaucoup de choses intéressantes!!

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